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Mise en page manga : comment storyboarder une planche qui se lit bien

Comment construire une planche de manga : le storyboard d’abord, puis le nombre, la taille, la forme et le cadrage des cases pour guider l’œil du lecteur.

Publié le 1 octobre 2026 · 8 min de lecture

Une table à dessin sous une lampe : à gauche, des storyboards au crayon ; à droite, la planche encrée terminée avec la même mise en page.

Une case magnifique placée au mauvais endroit donne quand même une planche confuse. La mise en page est la partie du manga que le lecteur ne remarque jamais quand elle fonctionne, et toujours quand elle échoue : l’œil saute à la mauvaise case, un gag tombe trop tôt, une révélation est éventée avant la tourne. Ce guide explique comment storyboarder une planche de manga, combien de cases utiliser, comment la taille, la forme et le cadrage règlent le rythme, et comment les gabarits de mise en page de MangaMade appliquent ces règles.

Le storyboard d’abord, le dessin ensuite

Les mangakas préparent un chapitre sous forme de storyboard sommaire, souvent appelé « name », avant de dessiner la moindre planche finie. C’est un document de travail, pas une œuvre : des rectangles approximatifs pour les cases, des personnages simplifiés, des flèches pour le mouvement et une note sur qui dit quoi. Le but est de vérifier qu’une séquence se lit bien tant que tout reste facile à changer.

Exemple : un storyboard est rapide et approximatif, donc facile à modifier.
  • Travaillez petit. Des miniatures de quelques centimètres de haut obligent à penser la planche entière plutôt que les détails.
  • Préparez les pages par doubles, comme un livre imprimé les présente, pour savoir ce que le lecteur voit en même temps.
  • Lisez à voix haute. Si vous butez sur l’ordre des répliques ou des cases, le lecteur butera aussi.

Le sens de lecture avant tout

Une planche de manga se lit de droite à gauche. La première case se trouve en haut à droite, l’œil avance vers la gauche le long de la rangée, puis redescend à l’extrémité droite de la rangée suivante, et les bulles d’une même case se lisent elles aussi de droite à gauche. La BD occidentale et la plupart des manhua font l’inverse. Quel que soit le sens choisi, le lecteur ne doit jamais avoir à deviner.

  • Gardez continues les gouttières entre les rangées, pour que chaque rangée se termine clairement avant que la suivante commence.
  • Évitez d’empiler des cases à côté d’une seule case haute, sauf si l’ordre est évident ; c’est la cause la plus fréquente de planche mal lue.
  • Laissez l’action montrer le chemin : un personnage qui court ou regarde vers la case suivante y attire l’œil.
  • Placez les bulles dans l’ordre de lecture, pour que la première réplique prononcée soit la première lue.

Combien de cases par planche ?

Il n’existe pas de nombre fixe, mais il existe une fourchette utile. Une planche de manga type compte une poignée de cases ; au-delà de six ou sept, elles rétrécissent jusqu’à ce que visages et bulles se disputent la place. Les conversations calmes supportent plus de cases, l’action en demande moins et de plus grandes, et la case pleine page est le moment le plus fort dont vous disposez : elle doit donc rester rare. Variez le nombre de cases d’une planche à l’autre : une suite de grilles identiques paraît plate, quelle que soit la qualité du dessin.

Taille et forme des cases

La taille d’une case indique au lecteur son importance et le temps qu’il doit y passer. La forme ajoute un sens qui lui est propre.

Une planche d’action en noir et blanc : deux cases obliques, un regard décidé et une main sur une écharpe, une immense case où la coursière saute entre deux toits, et un petit médaillon de son oiseau robot.
Exemple : bordures obliques et personnage qui sort du cadre, une technique de mise en page à la main ; les gabarits de MangaMade utilisent des cadres droits.
  • La plus grande case de la planche porte son temps fort. Décidez lequel avant de placer quoi que ce soit d’autre.
  • Les cases larges conviennent aux plans d’ensemble, aux paysages et aux foules, et ralentissent la lecture.
  • Les cases hautes conviennent à la hauteur, aux chutes et aux personnages debout, et entraînent l’œil vers le bas.
  • Les petites cases conviennent aux temps brefs : un regard, une main, une réaction.
  • Les bordures obliques et le dessin qui déborde du cadre donnent de l’énergie aux scènes d’action, mais employez-les avec parcimonie, sinon la planche devient difficile à lire.

Les cadrages : variez la caméra

Chaque case est une position de caméra. Changer de cadrage d’une case à l’autre garde la planche vivante et indique au lecteur où regarder. Les scripts de MangaMade utilisent huit cadrages : plan d’ensemble, plan large, plan moyen, gros plan, très gros plan, plan par-dessus l’épaule, contre-plongée et plongée.

Une grille de six cases d’une conversation calme chez un horloger, qui alterne plan à deux, vue par-dessus l’épaule, gros plans de la coursière, des mains et du sourire de l’horloger, et un plan large.
Exemple : une grille de six cases pour une scène calme, animée par un changement de plan à chaque case.
  • Ouvrez une scène sur un plan d’ensemble ou un plan large pour que le lecteur sache où il se trouve.
  • Utilisez le plan moyen pour les conversations et le langage du corps.
  • Gardez les gros plans et les très gros plans pour l’émotion et les détails importants.
  • La contre-plongée rend un personnage puissant ; la plongée le fait paraître petit ou seul.

Le rythme et la tourne de page

Deux pages en regard se voient d’un seul coup d’œil : une surprise placée sur elles est éventée avant que le lecteur n’y arrive. Gardez les révélations pour la première case après la tourne, et terminez la page précédente sur un temps qui donne envie de tourner : une question, une porte qui s’ouvre, un personnage qui réagit à quelque chose que l’on ne voit pas encore. À l’intérieur d’une planche, alternez tension et relâchement, une suite de petites cases puis une grande, pour que le grand moment ait la place de porter.

Laisser de la place au texte

Une mise en page n’est pas terminée tant que le lettrage n’y trouve pas sa place. Prévoyez un espace calme au-dessus ou à côté des personnages qui parlent, en général en haut de la case, où les bulles peuvent se placer sans couvrir un visage ni l’action principale. Une case avec trois personnages qui parlent et un décor chargé doit être plus grande que le même cadrage sans dialogue.

Les gabarits de mise en page de MangaMade

Dans MangaMade, le planificateur fait avec vous le travail de storyboard. Les pages de manga et de BD sont des pages portrait au format 2:3 de 1400 × 2100 px, avec des gouttières, une marge et un filet d’encre autour de chaque case, et chaque page utilise l’un des onze gabarits de mise en page :

  • Une case : la case pleine page, dessinée en 2K pour 2 crédits.
  • Deux cases, côte à côte ou superposées.
  • Trois cases : une case large au-dessus de deux, deux au-dessus d’une case large, ou trois rangées superposées.
  • Quatre cases : une grille de quatre, ou une case large au-dessus d’une rangée de trois.
  • Cinq cases : deux rangées de deux autour d’une large case centrale, ou une case large au-dessus de deux rangées inégales.
  • Six cases : une grille de deux colonnes et trois rangées, pour les conversations.

Sur les pages lues de droite à gauche, chaque gabarit est inversé : la première case se trouve en haut à droite et les bulles sont placées dans l’ordre de droite à gauche. Chaque case est dessinée dans un format proche de son cadre, un peu plus grand puis recadré, si bien qu’une image ne laisse jamais de bord blanc. Vous pouvez changer le gabarit de n’importe quelle page, ajouter ou déplacer des cases, ou modifier un cadrage dans le script avant que quoi que ce soit ne soit dessiné, et la planification est gratuite. Les gabarits utilisent des cadres droits et rectangulaires : les bordures obliques et le dessin qui déborde du cadre sont des techniques de mise en page à la main que MangaMade ne propose pas.

Questions auxquelles cet article répond

Comment s’appelle le storyboard d’un manga ?
Les mangakas appellent souvent ce storyboard sommaire le « name ». C’est un plan approximatif de chaque page, avec la forme des cases, des personnages simplifiés et les dialogues, réalisé avant tout dessin fini pour vérifier à moindre coût l’ordre et le rythme.
Combien de cases doit compter une planche de manga ?
Il n’y a pas de règle fixe. Une planche type compte une poignée de cases, et au-delà de six ou sept elles commencent à étouffer visages et bulles. Les gabarits de MangaMade vont de la case unique pleine page à la grille de six.
Dans quel sens lit-on les cases d’un manga ?
De droite à gauche, en commençant par la case en haut à droite, puis rangée par rangée vers le bas. Les bulles d’une même case se lisent aussi de droite à gauche. MangaMade inverse chaque gabarit de mise en page pour le manga afin que l’ordre reste correct.
Quel est le format d’une page de manga dans MangaMade ?
Les pages de manga et de BD sont des pages portrait au format 2:3 de 1400 × 2100 px, avec des gouttières, une marge et un filet d’encre autour de chaque case. Elles s’exportent en planches PNG, en PDF, en CBZ ou en bande webtoon verticale.

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