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Bulles et lettrage : les bases pour le manga et la BD
Les quatre types de bulles, récitatifs, onomatopées, sens de lecture et queues, le lettrage en arabe et en japonais, et l’intérêt d’un lettrage modifiable.
Publié le 23 septembre 2026 · 10 min de lecture

Le lettrage, c’est tout ce que le lecteur lit sur une planche : les dialogues dans les bulles, la narration dans les récitatifs, et les onomatopées. Réussi, il passe inaperçu. Raté, il perd le lecteur, qui lit les répliques dans le désordre ou les saute. Ce guide rassemble les bases valables pour tout manga, manhua, BD ou webtoon, et montre comment MangaMade traite chacune d’elles.
Les quatre types de bulles
Le contour d’une bulle indique au lecteur comment sonne une réplique avant même qu’il en lise un mot. Quatre types suffisent à presque toutes les scènes, et MangaMade dessine les quatre :
- Parole : un ovale lisse dont la queue s’incurve vers le personnage qui parle, pour tout ce qui se dit à voix normale.
- Pensée : un nuage bombé prolongé par un chapelet de bulles de plus en plus petites au lieu d’une queue, pour une voix intérieure que personne d’autre n’entend.
- Cri : une explosion aux bords dentelés, une queue pointue et un lettrage épais. Réservez-la aux vrais cris et hurlements : employée partout, elle ne veut plus rien dire.
- Chuchotement : un contour en pointillés et un lettrage plus léger, pour ce qui se dit à mi-voix ou à l’oreille d’un seul personnage.
Une bulle sans queue peut signaler une voix venue de hors champ : un personnage absent de la case, une radio, quelqu’un au bout du fil. Dans MangaMade, il suffit de décocher la queue d’une bulle pour obtenir cet effet, et vous pouvez changer le type de n’importe quelle bulle à tout moment.
Récitatifs et onomatopées
Les récitatifs sont les encadrés du narrateur : le temps et le lieu (« Trois jours plus tard »), la narration ou le monologue intérieur d’un personnage. Ils tiennent dans des rectangles, souvent calés contre un bord de la case, et n’ont jamais de queue, puisque personne ne les prononce dans la scène. Faites court : un récitatif qui répète ce que montre déjà l’image ne fait que ralentir la page.
Les onomatopées rendent le bruit visible : une porte qui claque, la pluie sur un toit, un coup qui porte. Elles sont grandes, épaisses, souvent inclinées, et colorées pour s’intégrer au dessin plutôt que de s’y poser. Dans MangaMade, ce sont des éléments de lettrage comme les autres, chacun avec son inclinaison, sa couleur de lettres et sa couleur de contour. Le script du chapitre donne à chacune une courte indication en anglais, comme « impact, large », qui fixe sa taille de départ.
D’abord, le sens de lecture
On lit une planche bande par bande, de haut en bas, et dans chaque bande depuis le côté où commence la lecture. En manga, c’est la droite : la première case est en haut à droite et, dans une case, la bulle la plus haute à droite se lit en premier. Les planches de BD et de manhua commencent en haut à gauche, et un webtoon se lit tout simplement de haut en bas.
Le placement découle de cette règle. Mettez la bulle du premier personnage qui parle du côté où commence la lecture, un peu plus haut que la réponse, pour que l’échange descende la case dans l’ordre. Évitez les queues qui se croisent, et ne placez jamais une réplique plus haut qu’une réplique antérieure dans la même bande : le lecteur les lira dans le mauvais ordre, et la chute ou la révélation tombera à contretemps.
MangaMade suit la même logique quand il place le lettrage à partir du script : les bandes depuis le haut, chaque bande depuis le côté de lecture. Quand deux éléments se chevauchent, celui qu’on lit en premier garde sa place et l’autre se déplace vers l’espace libre le plus proche : la mise en place automatique part ainsi d’un ordre lisible, que vous affinez ensuite.
Placement et queues
Une bulle ne doit jamais couvrir un visage, une main qui fait quelque chose d’important ou le détail que la case est là pour montrer. Servez-vous des espaces que laisse le dessin : ciel, murs, sol, fond du cadre. MangaMade prépare cet espace avant le dessin : chaque réplique et chaque récitatif du script est ancré dans un coin de sa case, et la consigne de dessin demande au modèle d’image d’y laisser de la place.

- Dirigez la queue vers la bouche du personnage, ou au moins vers sa tête, et gardez-la courte : une longue queue qui traverse la case est difficile à suivre.
- Quand un personnage dit deux choses distinctes, deux bulles se lisent mieux qu’une seule bulle trop chargée.
- Gardez les bulles dans leur case, sauf si la planche est pensée pour qu’elles débordent du cadre.
Dans l’éditeur de MangaMade, vous pouvez déplacer et redimensionner n’importe quelle bulle, faire glisser la pointe de sa queue sur le personnage ou supprimer la queue. Au clavier, les flèches déplacent l’élément sélectionné, Alt et une flèche le redimensionnent, et les touches [ et ] changent l’élément qui passe au premier plan.
Polices et tailles
Le lettrage de BD utilise des polices conçues pour lui, et peu nombreuses : une pour les dialogues, une police de titrage plus grasse pour les cris et les onomatopées, et souvent une troisième pour les récitatifs, afin que la narration ne se confonde jamais avec la parole. Chaque style prédéfini de MangaMade apporte un tel trio, et toutes les polices de lettrage sont des polices libres, sous licence ouverte, fournies avec le produit.
La taille compte davantage que la police. Gardez une même taille de dialogue sur tout un chapitre, pour qu’un lettrage plus petit évoque une voix plus basse et un plus grand une voix plus forte, et n’oubliez pas qu’une bande lue sur un téléphone demande un lettrage plus grand qu’une planche imprimée. Dans MangaMade, la taille que vous fixez est un maximum : une réplique plus longue rétrécit pour tenir dans sa forme, jusqu’à une taille minimale. Le script veille aussi à la lisibilité, avec trois répliques au plus par case et 35 mots au plus par réplique.
Le lettrage en arabe et en japonais
L’arabe
L’arabe s’écrit de droite à gauche et ses lettres se lient : il lui faut des polices dessinées pour lui et quelques règles propres. N’ajoutez jamais d’espacement entre les lettres : il écarte les lettres arabes et casse leurs liaisons. Prévoyez un interlignage plus généreux qu’en latin, pour les hampes, les queues descendantes et les points. Enfin, une ligne qui mêle deux écritures, comme une phrase arabe contenant un nom latin, se compose de droite à gauche dans son ensemble.
MangaMade lettre l’arabe et l’ourdou de droite à gauche, avec une police arabe pour les dialogues et une police naskhi classique pour les récitatifs. Il déduit le sens du texte : une réplique arabe qui commence par un nom latin reste de droite à gauche, une onomatopée en lettres latines reste de gauche à droite, et vous pouvez changer le sens de chaque élément dans l’éditeur. L’ordre des planches est un réglage distinct de la série : une BD en arabe peut donc aussi tourner ses pages de droite à gauche.
Le japonais
Le manga japonais compose traditionnellement les dialogues à la verticale, dans de hautes bulles étroites lues de haut en bas. Pour l’instant, MangaMade lettre le japonais à l’horizontale, avec une police japonaise qu’il choisit automatiquement ; le lettrage japonais vertical n’est pas encore disponible. Une onomatopée japonaise, comme ドン dans un chapitre par ailleurs en anglais, reçoit elle aussi automatiquement la police japonaise.
Une langue ne peut être choisie que si les polices fournies ont toutes ses lettres. Cela exclut pour l’instant le chinois, le coréen et l’hébreu, ainsi que les langues écrites en cyrillique ou en grec et quelques langues en alphabet latin, comme le turc et le vietnamien. Un manhua peut donc être lettré aujourd’hui en français, en anglais ou en arabe, mais pas encore en chinois.
Pourquoi MangaMade garde le lettrage sur son propre calque
Les modèles d’image peuvent encore déformer le texte : les lettres fondent les unes dans les autres, les mots sortent mal orthographiés, et un mot dessiné dans l’image ne se retape pas ; il faut le redessiner. MangaMade dessine donc chaque case sans aucun texte, puis pose lui-même bulles, récitatifs et onomatopées sur un calque vectoriel distinct, au-dessus du dessin. C’est cette séparation qui rend le lettrage si simple à modifier :
- Il part du script : chaque réplique, récitatif et onomatopée devient un élément de lettrage dans la bonne case.
- Il reste synchronisé : réécrivez une réplique dans le script et sa bulle suit ; réécrivez-la sur la planche et la planche garde votre version.
- Il est gratuit : le lettrage, les changements de mise en page et les corrections ne coûtent aucun crédit, et une coquille ne coûte jamais un nouveau dessin.
- Il se traduit : traduisez un chapitre dans une autre langue et vous obtenez une édition avec ses propres dialogues, récitatifs et onomatopées, sur les mêmes dessins. Rien n’est redessiné et aucun crédit n’est utilisé ; une traduction compte comme un découpage dans la limite quotidienne.
Une relecture de lettrage express
- Lisez la planche dans le sens de lecture : chaque bulle doit arriver dans l’ordre où sa réplique est dite.
- Vérifiez que chaque queue pointe vers le bon personnage.
- Déplacez vers un espace libre toute bulle qui couvre un visage, une main ou le détail essentiel.
- Contrôlez les tailles : dialogues constants, cris plus grands, chuchotements plus légers.
- Relisez chaque réplique pour traquer les coquilles : sur un calque à part, une correction ne coûte rien.
Questions auxquelles cet article répond
- Quelle est la différence entre une bulle et un récitatif ?
- Une bulle contient ce qu’un personnage dit à voix haute, et sa queue désigne ce personnage. Un récitatif est un encadré sans queue, pour la narration, le temps et le lieu ou le monologue intérieur : des mots que personne ne prononce dans la scène.
- Dans quel ordre lit-on les bulles d’un manga ?
- Bande par bande depuis le haut de la planche, et dans chaque bande de droite à gauche, en commençant en haut à droite. Les planches de BD et de manhua commencent en haut à gauche et se lisent de gauche à droite ; les webtoons se lisent de haut en bas.
- MangaMade peut-il lettrer une BD en arabe ou en japonais ?
- Oui. L’arabe et l’ourdou sont lettrés de droite à gauche avec des polices arabes, et le japonais à l’horizontale avec une police japonaise ; le japonais vertical n’est pas encore disponible. Une trentaine de langues en alphabet latin, comme le français, l’anglais ou l’espagnol, sont aussi prises en charge, mais pas encore le chinois, le coréen ni l’hébreu.
- Corriger ou traduire le lettrage coûte-t-il des crédits ?
- Non. Le lettrage occupe son propre calque au-dessus de cases sans texte : le modifier, le déplacer ou changer son style est gratuit, et traduire un chapitre crée une édition sur les mêmes dessins sans utiliser de crédits.
- Puis-je transformer une bulle de parole en cri après coup ?
- Oui. Sélectionnez-la dans l’éditeur et choisissez un autre type : parole, pensée, cri ou chuchotement. Un type choisi à la main est conservé, même si le script change ensuite.
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